LA DYSKERATOSE CONGENITALE

LA DYSKERATOSE CONGENITALE

La dyskératose congénitale a été définie initialement comme l’association d’une insuffisance médullaire à des anomalies cutanées et des phanères : pigmentation réticulée de la peau, leucoplasies (plaques blanches) des muqueuses et anomalies des ongles. Elle est actuellement définie comme une maladie de maintenance des télomères, des structures qui sont situées aux extrémités de nos chromosomes et ont un rôle de stabilisation de ces derniers. Des télomères trop courts favorisent une mort prématurée des cellules et la survenue d’anomalies génétiques propices aux cancers. Dix-sept gènes ont été identifiés comme étant en cause dans la dyskératose congénitale. Dans un peu moins de la moitié des cas désormais, l’atteinte génétique n’est pas identifiée.
  • Les signes cliniques
Les manifestations cliniques sont hétérogènes et de sévérité variables et peuvent rendre le diagnostic difficile. Elles apparaissent au fil de la vie du patient et leur précocité est fonction de la sévérité de l’atteinte génétique.
La première anomalie observée et la plus fréquente est une baisse des plaquettes mais une aplasie peut être présente dès le diagnostic dans les formes sévères. Certains patients porteurs resteront asymptomatiques ou peu symptomatiques. Une élévation de l’hémoglobine fœtale peut être notée. Le risque évolutif est dominé par la survenue d’une myélodysplasie ou d’une leucémie aiguë myéloïde qui sont parfois révélatrices de la maladie quand la pathologie n’avait pas été identifiée auparavant.
Les atteintes extra-hématologiques sont variables d’un individu à l’autre, au cours de la vie et inconstantes. Les principales manifestations observées sont les atteintes cutanées (anomalies de la pigmentation), les atteintes des cheveux (cheveux blancs très précocement) et des ongles (dystrophie), et des pathologies hépatiques et pulmonaires. Ces dernières sont parfois révélatrices de la maladie.  Dans 10% des cas environ, une évolution cancéreuse des lésions muqueuses peut être observée (cancers épidermoïdes touchant en premier lieu la cavité orale, la tête et le cou ainsi que le tractus digestif).
  • Le diagnostic
Le diagnostic de certitude repose sur l’identification d’une mutation délétère (entraînant une perte de fonction de la protéine) d’un gène connu pour être responsable de cette pathologie.
D’autres tests sont utilisés pour dépister la pathologie quand le diagnostic est urgent ou quand les anomalies cliniques font évoquer le diagnostic mais qu’aucune mutation d’un gène connu n’est identifiée. Ces tests réalisés à partir de prélèvement sanguin sont :
  • le caryotype constitutionnel : il peut révéler la présence d’anomalies traduisant l’existence d’une instabilité chromosomique (fréquence accrue avec l’âge),
  • l’étude de la longueur des télomères qui sont raccourcis chez la plupart des patients porteurs,
  • le dosage de l’hémoglobine fœtale qui lorsqu’elle est élevée évoque une aplasie constitutionnelle au sens large.
 
  • La prise en charge thérapeutique
 
Il n’existe pas de traitement spécifique. Les traitements proposés sont :
  • Les soins de supports, essentiels dans la prise en charge des patients atteints de dyskératose congénitale afin d'éviter les complications liées aux transfusions itératives : allo-immunisation, surcharge en fer.
  • Une surveillance stomatologique et ORL spécialisée afin de dépister précocement les complications néoplasiques.
  • Le tabagisme, l’exposition à des toxiques pulmonaires ou hépatiques doivent être proscrits chez ces patients.
  • L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (ou allogreffe de moelle) : elle est proposée en cas d’aplasie médullaire et en l’absence de contre-indication. Ce traitement ne prévient pas la survenue de pathologies des autres organes et doit être réalisé selon des modalités particulières et dans un centre expert pour ne pas aggraver les atteintes hépatiques et pulmonaires potentielles.
  • Les androgènes constituent une alternative à la greffe de moelle en l’absence de donneur ou lorsque celle-ci est contre-indiquée. Leur utilisation nécessite une surveillance étroite des effets secondaires potentiels ; l’effet est rarement appréciable avant 2 mois de traitement.
 
La transmission génétique est variable (autosomique dominante ou récessive selon le gène incriminé).

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